
Le Conseil international du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent (ci-après appelé le Conseil) continue de surveiller la situation sur le lac Ontario et le fleuve Saint-Laurent :
- Les précipitations et le ruissellement persistants pourraient occasionner des inondations dans les zones vulnérables situées sur les rives du lac Ontario et plus en aval le long du fleuve Saint-Laurent, incluant l’archipel de Montréal et sur les bords du lac Saint-Pierre.
- Les niveaux d’eau du lac Ontario (75,37 mètres ou 247,28 pieds) et du fleuve Saint-Laurent (21,91 mètres ou 71,88 pieds à Pointe-Claire) demeurent supérieurs à la moyenne à long terme (1960-2025), mais bien en deçà du record historique pour cette semaine de l’année, égal à 75,85 mètres ou 248,85 pieds, enregistré en 2017.
- Le débit sortant du lac Ontario continuera d’être fixé conformément aux règles du plan de régularisation 2014. Le Conseil peut s’écarter des débits prescrits si le lac Ontario atteint un niveau correspondant au critère H14 et s’il estime que les déviations au plan sont justifiées. Les niveaux d’eau déclenchant l’application du critère H14 varient tout au long de l’année. Pour référence, le critère actuel H14 est égal à 75,60 mètres (248,00 pieds).
- Avec des conditions météorologiques proches de la moyenne, le Lac Ontario devrait atteindre un pic saisonnier d’environ 75,40 mètres (247,37 pieds) en mai ou en juin. Toutefois, des niveaux d’eau plus élevés sont possibles si les conditions météorologiques sont nettement plus humides que la moyenne. Les niveaux d’eau à long terme sont difficiles à prévoir, tout comme les prévisions météorologiques.
- Des vents violents, quand ils s’accompagnent de niveaux d’eau même modérément élevés, peuvent entraîner des inondations localisées dans les zones vulnérables riveraines du lac Ontario ainsi que plus en aval, le long du fleuve Saint-Laurent, incluant les rives du lac Saint-Louis et du lac Saint-Pierre.
Ce printemps a été marqué par des précipitations persistantes sur l’ensemble du bassin versant du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent. Le 22 avril dernier, la rivière des Outaouais, qui se jette dans le Saint-Laurent au niveau de l’archipel Montréal, a apporté pas moins de 7 740 mètres cubes par seconde (m3/s) ou 273 300 pieds cubes par seconde (pi3/s) dans le cours inférieur du Saint-Laurent. Pour mettre les choses en perspectives, ce débit est près de trois fois supérieur à celui qui a été enregistré le même jour aux chutes du Niagara (2 600 m³/s ou 91 800 pi³/s). De plus, Rochester, dans l’état de New York, a connu ses mois de mars et d’avril les plus pluvieux depuis 153 ans.
En raison de ces précipitations persistantes et des débits élevés de la rivière des Outaouais, il a fallu effectuer de fréquents ajustements du débit sortant du Lac Ontario entre le 16 avril et le 6 mai, en suivant la limite F qui vise à équilibrer les risques et les impacts liés aux inondations en amont et en aval du barrage Moses-Saunders. [La limite F fixe les débits sortants maximaux du lac Ontario en fonction du niveau du lac Saint-Louis (mesuré à Pointe-Claire) afin de limiter les inondations en aval compte tenu des niveaux du lac Ontario.] Depuis cette crue de la rivière des Outaouais, son débit a diminué, ce qui a permis d’augmenter à nouveau le débit sortant du lac Ontario. Depuis le 7 mai, le débit sortant du lac Ontario est fixé conformément à la courbe d’exploitation applicable du Plan 2014 et la limite F ne s’applique plus pour le moment.
Bien que le Conseil régule le débit sortant du lac Ontario, cette régulation ne peut éliminer la récurrence ni les effets négatifs d’apports d’eau extrêmement abondants ou faibles sur les niveaux de l’eau. Ces apports et ces processus sont incontrôlables; la majeure partie de l’eau entrant dans le lac Ontario provient du lac Érié, le reste provenant des précipitations, du ruissellement et de l’évaporation dans le bassin hydrographique.
Les membres de la communauté devraient continuer à surveiller les conditions dans leur région. La planification et les interventions d’urgence sont généralement assurées par les gouvernements locaux.
Pour plus d’informations :
- Niveaux d’eau (mis à jour tous les jours de la semaine) : https://ijc.org/en/loslrb/bassin versant/niveaux de l’eau
- Débits (mis à jour tous les jours de la semaine) : https://ijc.org/fr/clofsl/bassin/debits
- Prévisions pour le Lac Ontario (mises à jour le jeudi) : https://ijc.org/fr/clofsl/bassin/previsions
- Évolution du débit sortant du Lac Ontario (mis à jour en temps réel à mesure que le débit est ajusté) : https://ijc.org/en/loslrb/bassin-versant/outflow-changes#flow_table
- « Limite F » du Plan 2014 : https://ijc.org/en/loslrb/watershed/faq/4#4-8-2
- Critère H14 déclenchant l’autorisation de déviations :https://ijc.org/fr/clofsl/bassin/faq/4#:~:text=4.8.1%20En%20quoi%20consiste%20le%20crit%C3%A8re%20H14%20et%20qu%E2%80%99est%2Dce%20qui%20le%20d%C3%A9clenche%20en%20cas%20de%20niveau%20d%E2%80%99eau%20bas%20ou%20%C3%A9lev%C3%A9%3F%C2%A0
- Conditions et prévisions pour la rivière des Outaouais (mises à jour quotidiennement en période de crues) :https://rivieredesoutaouais.ca/
- Vidéo du CILOFSL sur l’équilibre des conditions en amont et en aval : https://www.ijc.org/fr/clofsl/videos ou https://www.youtube.com/watch?v=v_AOC_CNa3Y
Contacts:
Canada : cilofsl-iloslrb@ec.gc.ca
États-Unis : ILOSLRB-USSection@usace.army.mil
Le Conseil international du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent veille à ce que le débit sortant du Lac Ontario respecte les exigences de l’Ordonnance d’approbation de la Commission mixte internationale. Quel que soit le plan de régularisation considéré, la capacité à réguler le débit sortant du Lac Ontario ne signifie pas qu’il est possible de contrôler entièrement les niveaux du lac. En effet, les principaux facteurs qui influent sur les apports d’eau dans les Grands Lacs, à savoir les précipitations, l’évaporation et le ruissellement, ne peuvent être contrôlés et sont difficiles à prévoir avec précision.